Un devis de 80 000 € pour une application métier n'est pas un prix. C'est un acompte. Sur cinq ans, la même application coûtera à peu près le double, parfois plus, et le prestataire qui ne l'annonce pas d'entrée vous réserve une conversation difficile en année deux. Le TCO logiciel sur mesure, le coût total de possession sur la durée de vie, se calcule pourtant sans boule de cristal : une grille tarifaire publique et un peu d'arithmétique suffisent.
C'est l'exercice de cet article. Nos tarifs sont publics : 150, 200, 300, 400 et 450 € par jour selon le profil. Chaque ligne du modèle qui suit se recalcule à partir de cette grille, et la ligne de construction se vérifie en deux clics sur notre page de devis. Un TCO logiciel sur mesure invérifiable n'est pas un modèle, c'est un argument commercial.
Plus de 17 projets livrés, plus de dix clients, dont une plateforme de réservation de parking aéroportuaire que nous exploitons encore : nous savons où part l'argent après la mise en production. Voici le tableau complet.
Pourquoi le premier devis ne couvre que 40 % du total
Rien d'anormal là-dedans, et rien de malhonnête. Le devis de construction chiffre la partie visible : cadrer, développer, tester, livrer. Tout le reste commence le jour de la mise en production. Les serveurs tournent, les dépendances vieillissent, les utilisateurs demandent des changements, et un jour vous voudrez partir ou réécrire. L'industrie admet elle-même une maintenance corrective de 15 à 25 % du coût de construction par an. Ce chiffre figure dans les contrats. Il figure rarement dans les argumentaires.
Dans notre modèle, la construction pèse entre 36 et 42 % du total sur cinq ans. Le devis initial est donc, au mieux, la moitié de l'histoire.
Les cinq blocs du TCO logiciel sur mesure
Tout coût de possession se décompose en cinq blocs. Un prestataire qui n'en chiffre qu'un seul vous laisse deviner les quatre autres.
- Construction : cadrage, architecture, développement, tests, pilotage. Le devis que vous signez.
- Exploitation : hébergement, supervision, sauvegardes, correctifs de sécurité.
- Maintenance corrective : bugs, dépendances cassées, incidents. Les fameux 15 à 25 % par an.
- Évolution : les demandes métier qui arrivent dès le premier mois d'usage réel. Elles arrivent toujours.
- Sortie : documentation, réversibilité, export des données le jour où vous changez de prestataire ou réécrivez.
Le modèle chiffré, ligne par ligne
Prenons une application métier type : elle porte un flux central de l'entreprise, une trentaine d'écrans, des intégrations avec l'existant. Construction, sur notre grille publique :
- Cadrage et architecture : 12 jours à 450 € = 5 400 €
- Développement senior : 130 jours à 300 € = 39 000 €
- Développement confirmé : 90 jours à 200 € = 18 000 €
- Tests et qualité : 35 jours à 200 € = 7 000 €
- Pilotage : 25 jours à 400 € = 10 000 €
Total construction : 292 jours, 79 400 €. Ensuite, la durée de vie :
- Exploitation : 12 jours par an à 300 € = 3 600 € par an, 18 000 € sur cinq ans, hébergement non compris
- Maintenance corrective : 15 à 25 % de 79 400 €, soit 12 000 à 20 000 € par an à partir de la deuxième année
- Évolution : 30 jours par an à 300 € = 9 000 € par an dès la deuxième année
- Sortie : 20 jours à 300 € = 6 000 € provisionnés pour la réversibilité
Sur cinq ans, le total se situe entre 187 000 et 219 000 €, pour un devis initial de 79 400 €.
Chaque ligne de ce tableau est une multiplication. Si vous ne pouvez pas la refaire vous-même, on vous cache quelque chose.
Ce que les 15 à 25 % par an achètent vraiment
Une maintenance corrective bien faite est invisible : les dépendances suivent, les failles se corrigent avant d'être exploitées, les bugs se règlent en jours plutôt qu'en semaines. Sur la plateforme de parking aéroportuaire que nous exploitons, ce budget paie des montées de version régulières et une astreinte qui ne s'improvise pas.
Le chiffre dérive dans trois cas. Une stack qui vieillit sans montées de version : chaque correctif devient une expédition. Une équipe qui tourne : le nouveau venu redécouvre le système aux frais du client. Et le grand classique, l'évolution déguisée en maintenance : quand la facture grossit mais que la liste de bugs ne raccourcit pas, vous achetez du développement au prix du correctif, sans cadrage ni recette. Exigez deux lignes séparées dans le contrat.
Le modèle d'équipe change la courbe
Notre montage est hybride : pilotage, qualité et contrats en Belgique et en Suisse, centre d'ingénierie à Rabat. L'effet sur le tableau est direct. Le profil à 450 € intervient là où il change le résultat, l'architecture et les revues. Le volume tourne à 200 et 300 €. Et la traîne, maintenance et évolution comprises, se facture aux tarifs du centre d'ingénierie, pas au tarif de pilotage.
Faites le test : reprenez le tableau et remplacez notre ligne senior par le tarif d'une agence locale. Si ce tarif est au double, les blocs maintenance et évolution doublent aussi, et l'écart cumulé sur quatre ans dépasse le prix de la construction. La construction se négocie une fois. La traîne se paie tous les ans.
Quand le volume d'évolution justifie une équipe stable plutôt que des tickets, nos pods complets tournent entre 15 000 et 40 000 € par mois. Capacité connue, coût connu, zéro renégociation à chaque demande.
Face à un abonnement SaaS, honnêtement
La comparaison mérite mieux qu'un réflexe. Côté SaaS, posez la formule : sièges, fois prix mensuel, fois 60 mois, plus l'intégration, la reprise de données et les hausses au renouvellement. Un abonnement hypothétique à 50 € par siège pour 100 utilisateurs pèse 300 000 € sur cinq ans, sans actif au bilan à la fin.
Notre position est simple. Besoin standard, comptabilité, paie, CRM générique : prenez le SaaS tout de suite et ne payez jamais personne pour le réécrire. Flux qui vous différencie, sièges qui grandissent, intégrations qui s'empilent : la courbe du sur-mesure passe sous celle de l'abonnement entre l'année deux et l'année quatre, et l'actif vous appartient.
Testez le chiffre de votre prestataire
Avant de signer, cinq questions, dans l'ordre :
- La grille journalière est-elle publique ? Sans grille, pas de modèle vérifiable.
- Que couvre le pourcentage de maintenance, ligne par ligne ?
- Quelle hypothèse d'évolution, en jours par an ? Zéro n'est pas une hypothèse, c'est un déni.
- Le coût de sortie figure-t-il au contrat : documentation, export, réversibilité ?
- Refaites les multiplications. Si le total sur cinq ans ressemble au devis de construction, le chiffre est faux, probablement de bonne foi.
Les limites du modèle
Ce modèle suppose un périmètre stable : un pivot produit remet la ligne de construction à zéro, et aucun pourcentage ne l'anticipe. L'hébergement varie trop selon les architectures pour être chiffré ici. Et nos 30 jours d'évolution par an sont une moyenne : une application vivante en consomme parfois le double la première année. Le tableau donne un ordre de grandeur honnête, pas une promesse au centime.
Le tout tient dans un tableur et se remplit en une heure. Pour la première ligne, chiffrez votre propre périmètre sur jadev-corp.com/quote : devis formel, relu par un ingénieur sous un jour ouvré, démarrage possible deux semaines après la demande. Le reste du tableau, vous savez désormais le calculer vous-même.
